Il existe souvent une confusion dans l’emploi de ces deux termes qui sont utilisés en topographie (et chirurgie) cornéenne pour désigner des points « remarquables » de la surface de la cornée. L’apex est défini comme le point de courbure maximale. En ce sens, il s’agit d’un point dont la localisation est « absolue », et ne dépend pas de la manière dont la topographie de la cornée est acquise (du moins en théorie, car la localisation de l’apex varie en fonction du mode de courbure utilisé : axiale, ou instantanée: c’est en fait la carte de courbure moyenne qui doit permettre de repérer cet apex).
Le vertex est la projection cornéenne du reflet du centre des mires concentriques (Placido) utilisées pour acquérir les informations de courbure antérieure lors de la réalisation de l’examen par topographie cornéenne (c’est la première image de Purkinje si l’on utilise une source lumineuse ponctuelle).
La localisation du vertex n’est pas absolue : elle dépend en particulier du type de topographe utilisé (distance de la coupole portant la mire de Placido) et de la stratégie de fixation utilisée. La projection du reflet cornéen du centre des mires (ou d’une cible lumineuse ponctuelle fixée par un patient : on parle donc de 1ere image de Purkinje pour ce reflet) est généralement située en nasal de la pupille d’entrée (et ce d’autant plus que l’angle kappa est positif et important).
En raison de l’asymétrie et de l’absence d’axe commun des structures réfractives de l’oeil humain, l’axe visuel n’est pas situé au centre géométrique de la cornée. Il n’est pas non plus confondu avec le vertex, et ce contrairement à une conception erronée et héritée de l’époque de la kératotomie radiaire. L’axe visuel « perce » la cornée en un point distinct du vertex, et de la projection du centre de la pupille d’entrée (matérialisant l’intercept du centre de la pupille avec la ligne de visée ou « line of sight ». Certaines études suggèrent que l’axe visuel (ou la zone permettant de maximiser la qualité de l’image rétinienne) est situé dans une zone intermédiaire entre ces deux points. Ces concepts sont développées dans un des chapitres de l’ouvrage : « Topographie cornéenne« .